Opposée à Taila Santos ce samedi à Singapour (en direct à partir de 14h sur la chaîne Twitch de RMC Sport), Erin Blanchfield poursuit un chemin qu’elle espère conclure en devenant la plus jeune championne féminine de l’histoire de l’UFC. Et si l’une des deux réalise une grosse performance, elle mettra la pression sur Manon Fiorot, qui affronte Rose Namajunas le 2 septembre à Paris dans un marchepied vers une chance pour le titre des -52 kilos en cas de victoire.

Le public tricolore l’attend avec impatience. Mais avant ce grand rendez-vous, elle aura le regard tourné vers Singapour ce week-end. Numéro 2 du classement des challengers des -57 kilos (mouches) de l’UFC, Manon Fiorot va monter dans la cage face à la légende Rose Namajunas – deux fois championne des -52 kilos (pailles) dans le passé – le 2 septembre à Paris pour ce qui s’apparente à une demi-finale mondiale.

L’objectif? Gagner, et avec la manière si possible, pour s’ouvrir la route vers un combat pour le titre contre celle qui sortira victorieuse de la revanche entre la championne Alexa Grasso et l’ancienne reine de la catégorie Valentina Shevchenko prévue le 16 septembre à Las Vegas.

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Mais rien n’est garanti non plus. Plus grande organisation de MMA à travers la planète, l’UFC décide seule de qui combat ou non pour une ceinture. Et pour Fiorot, le caillou dans la chaussure pourrait se nommer Erin Blanchfield ou Taila Santos. Numéro 3 du classement des challengers, la première affronte la seconde, numéro 4, ce samedi sur la carte d’une UFC Fight Night à Singapour.

A 24 ans, anniversaire fêté en mai, l’Américaine surnommée « Cold Blooded » est encore dans les temps pour devenir la plus jeune championne féminine de l’histoire de l’UFC en dépassant… Namajunas, sacrée à 25 printemps au compteur en 2017. Vu sa facilité dans la communication, sa nationalité et cette quête d’histoire, nul doute que l’UFC – société américaine, pour rappel – aime beaucoup son profil.

Blanchfield peut mettre la pression sur Fiorot

Au point de se dire que l’organisation n’hésiterait probablement pas à la propulser vers le titre avant notre « Beast » nationale si elle lamine Santos tandis que Fiorot s’impose plus difficilement face à Namajunas. « Franchement, j’y ai déjà pensé, nous confiait la Niçoise ces derniers jours. Je sais que je vais devoir faire un gros combat quoi qu’il arrive. Si le combat de Blanchfield et Santos se finit rapidement, avec un KO spectaculaire ou quelque chose comme ça, et que derrière je ne fais pas le combat qu’il faut contre Rose, je sais qu’il est possible que ce ne soit pas moi qui ai la chance pour le titre. Ça met un peu de pression en plus, un petit challenge en plus, mais j’aime bien. »

Avantage pour la Française, qui combattra enfin à 100% de ses moyens physiques après plusieurs combats où elle traînait différentes blessures: elle aura pu observer ses rivales à l’œuvre une semaine avant et saura à quoi s’en tenir. « Au moins, j’aurais vu ça avant mon combat », sourit-elle. « L’enjeu de notre combat est complémentaire avec celui de Blanchfield contre Santos, confirme Aldric Cassata, le coach de Fiorot. En cas d’égalité, je pense que le combat entre Manon et Rose sera prioritaire mais celle qui fera la meilleure performance des deux fera la ceinture derrière. Il faut faire une très bonne prestation pour pouvoir faire cette ceinture contre Grasso ou Shevchenko en début d’année 2024. »

Blanchfield: « Possible que je sois la prochaine challenger »

Blanchfield partage l’analyse. Invaincue depuis ses débuts à l’UFC en 2021, l’Américaine a éteint la hype de la Britannique Molly McCann via une kimura au premier round en novembre dernier avant de soumettre Jessica Andrade (ancienne championne des -52 kilos) sur étranglement au deuxième round en février pour son premier combat principal sur une carte UFC. De quoi accélérer sur la route du Graal. « Ma victoire contre Jessica m’a mise dans la discussion pour le titre, appuie-t-elle. Et chacun de mes combats va m’en rapprocher. Il est possible que je sois la prochaine challenger si je bats Taila. Manon et Rose s’affrontent à Paris, c’est un autre gros combat. Mon plan est de terminer mon combat avant la limite pour devenir la prochaine challenger. Mais peu importe ce qui se passe, je reste concentré sur ce qui est devant moi. Et je sais que cette chance pour le titre arrivera à un moment. »

En attendant, il faut passer l’obstacle Santos. Pas facile. La Brésilienne n’a plus combattu depuis plus d’un an, notamment bloquée par des problèmes de visa dans son équipe. Mais elle est une ancienne challenger pour le titre, battue par Shevchenko en juin 2022 (son dernier combat en date) sur décision partagée et controversée, avec un bon niveau debout et de belles qualités au sol. « Mon jeu au sol est supérieur au sien, tranche Blanchfield. Elle est solide partout, son jiu-jitsu est solide, mais elle n’a rien de très dynamique. Je sais que suis meilleure partout, au sol, contre la cage ou en striking. Je veux toujours montrer combien je suis complète, que je suis capable de gagner un combat n’importe où. Et c’est ce que je veux encore faire ce week-end. »

Pleine de confiance, l’Américaine ne se cache pas. Vingt-quatre ans ou pas, l’ambition déborde. « Je me fiche de qui j’affronte pour le titre. J’aimerais que ce soit Shevchenko pour la portée de son nom, pour son passé à l’UFC. Mais j’ai toujours eu Grasso dans le viseur. J’ai l’impression que je finirai par affronter les deux. Je suis là pour longtemps et je ne pense pas qu’elles vont prendre leur retraite bientôt. (…) Elles savent que j’arrive. Et elles savent que je peux les battre dans tous les compartiments. Je sais que je suis la prochaine. » Manon Fiorot ne sera pas d’accord. Et elle compte bien le prouver le 2 septembre à Paris.

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