En guise d’ouverture du Test Event dimanche dernier, Camille Lecointre (38 ans) et Jérémie Mion (34 ans) avaient commencé par voler le départ de la manche 1. Pas la meilleure entrée en matière. Mais la double médaillée de bronze en 470 à Rio (avec Hélène Defrance) puis à Tokyo (Aloïse Retornaz) n’était pas apparue plus déstabilisée que ça.

« C’est toujours dommage et dur de débuter comme ça, mais les impressions sont bonnes et on se sent plutôt dans le match, avait-elle lancé. J’ai déjà gagné un Championnat du monde en commençant par une disqualification ! » Moins d’une semaine plus tard, le tandem tricolore, leader avant le départ de la course aux médaillesa remporté ce samedi sur le plan d’eau olympique de Marseille le Test Event en 470. Dont acte !

L’équipage s’est imposé devant les Allemands Malte Winkel-Anastasiya Winkel et les Espagnols Xammar Hernandez-Brugman Cabot. Environ un an après leurs premiers bords ensemble, Camille Lecointre et Jérémie Mion signent leur premier gros succès dans cette discipline devenue mixte après les Jeux de Tokyo.

Ils avaient déjà terminé troisièmes aux Mondiaux 2022 en octobre dernier en Israël, quelques mois après la naissance du deuxième enfant de Camille Lecointre. Depuis l’ouverture de la saison 2023, ils affichaient une belle régularité mais sans jamais parvenir à se hisser sur le podium : cinquièmes de la manche inaugurale de la Coupe du monde à Palma début avril, septièmes à la Semaine Olympique Française à Hyères et quatrièmes au Championnat d’Europe à San Remo le 20 mai.

« La pression était importante, mais on a bien réagi, on est restés soudés »

« Ce n’est jamais simple et ç’a été chaud jusqu’au bout parce qu’on est mal partis dans la medal race, raconte Lecointre. On s’est retrouvés derrière, mais il n’y a pas eu panique à bord, on est bien remontés. C’était vraiment une super semaine, sur un plan d’eau paradisiaque où on a eu différentes conditions de vent. C’est super d’avoir vécu ça. D’être à la maison met la pression mais on est tellement contents que la famille soit là pour fêter ça avec nous ! »

« C’est incroyable de réaliser ce résultat à un an des Jeux sur ce plan d’eau marseillais, continue Mion. C’était l’événement phare de notre année et pour la fédération aussi. La pression était importante, mais on a bien réagi, on est restés soudés. On a été dans le rythme toute la semaine, dans toutes les conditions.  »

Avec cette victoire, le duo marque des points face à leurs adversaires en course pour Paris 2024 (un seul équipage sélectionné), Aloïse Retornaz et Hippolyte Machetti (3e à l’Europe en mai). Mais la bataille reste ouverte et se poursuivra lors des Mondiaux de voile olympique, du 10 au 20 août à La Haye aux Pays-Bas. La sélection sera connue au printemps 2024.

Un message à la concurrence

« C’était important pour nous de performer ici à deux niveaux : pour la confiance de l’équipage et par rapport à la concurrence française et étrangère qui ne va pas nous regarder de la même façon, souligne la double médaillée de bronze. C’est vraiment chouette et j’en espérais pas tant. Quand on démarre ensemble avec Jérémie en septembre (2023)on savait qu’on avait une bonne base et que chacun bénéficiait d’une sacrée expérience. Mais il fallait ensuite que ça matche sur l’eau. »

« On se connaissait bien humainement et Camille est la meilleure à son poste, il n’y a pas mieux en barreuse au niveau mondial, rebondit le champion du monde 2018 en duo avec Kevin Peponnet. On va souffler un peu avant le Championnat du monde où on ira avec l’esprit libéré car on a fait le boulot. »

Au lendemain de celles de Lauriane Nolot et Axel Mazella en kitefoil, le tandem Lecointre-Mion a offert une troisième médaille d’or à la France. Ce n’est pas passé pas en revanche pour Jean-Baptiste Bernaz, champion du monde en titre, qui a terminé 5e en ILCA 7 (ex-Laser). Sa compatriote Pernelle Michon s’est, elle, classée 8e en ILCA 6.

Dimanche, la dernière journée pourrait encore augmenter le compteur des médailles. Avec neuf manches gagnées sur dix-huit en planche iQfoil, Nicolas Goyard, en tête du classement, a dominé les débats et apparait comme le favori de la finale. En 49er, Erwan Fischer et Clément Péquin pointent au deuxième rang derrière les leaders inaccessibles Bart Lambriex-Floris van de Werken (Néerlandais) avant le départ de la medal race.

Source de l’article