Invité des Grandes Gueules du Sport sur RMC ce dimanche, Romain Barras a dressé le bilan décevant des Mondiaux d’athlétisme, avec un zéro pointé qui se profile. Le directeur de la haute performance de la Fédération française d’athlétisme ne compte pas démissionner et se projette déjà sur les Jeux olympiques de Paris.

L’athlétisme français est en train de vivre l’une des périodes les plus compliquées de son histoire. Alors que les Mondiaux de Budapest se terminent ce dimanche, la délégation tricolore se dirige vers un zéro pointé, une première depuis… 1993. Sur ces championnats du monde, entre les blessures, et les contre-performances, la France est très loin du compte. Un bilan honteux ? « Non, non, pas honte, c’est un peu trop fort, mais c’est décevant, il ne faut pas se voiler la face, explique Romain Barras dans les Grandes Gueules du Sport sur RMC ce dimanche. Même s’il y a des motifs d’espoir quand on regarde de plus près, les résultats d’ensemble sont décevants. »

« On n’a jamais fantasmé sur un nombre énorme de médailles, puisque quand on arrive sur un championnat où on n’a aucun athlète dans le top 3 mondial, on est réduits à des exploits pour décrocher une médaille, poursuit le directeur de la haute performance de la Fédération française d’athlétisme. Si je parle de déception, c’est plus parce que j’ai le sentiment qu’on a trop peu d’athlètes qui ont réussi à se transcender, et ça c’est décevant. Tout le monde n’a pas le potentiel pour décrocher une médaille mais tout le monde se doit d’essayer. »

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Quels motifs d’espoir pour les JO ?

Ce bilan terrible laisse perplexe à un an des Jeux olympiques à domicile. Déjà sur le déclin à Tokyo (une seule médaille, en argent), l’athlétisme brille de moins en moins aux JO. Avec trois breloques à Londres en 2012 (une dans chaque métal) et six à Rio en 2016 (trois en argent, trois en bronze), que faut-il espérer pour 2024 ? « Il faut se mettre les mains dans le camboui et essayer de redresser la barre », lance Romain Barras. Mais comment ?

« Ceux qui suivent les Mondiaux d’athlétisme peuvent regarder les Hongrois qui courent dans ce stade. A chaque fois, vous voyez sur le tableau d’affichage ‘Season best’, ‘record personnel’, ‘record national’. Il y a ce supplément d’âme qui peut arriver. On essaie de préparer nos athlètes pour les aguerrir et ne pas les jeter sans expérience dans le grand bain des Jeux olympiques à la maison. Il y aura beaucoup de réunions de débriefing et de travail dès septembre pour envisager ce qu’on peut mettre en place et pas seulement jeter une pièce en l’air et se dire que c’est l’ambiance du stade qui nous fera faire des médailles. »

La FFA reçue par Amélie Oudéa-Castéra

Comme indiqué par RMC Sport dès samedi, l’état major de la fédération française d’athlétisme est convoqué par la ministre des Sports ce mardi 29 août. Le président de la fédération André Giraud, le DTN Patrick Ranvier et Romain Barras devront expliquer la situation actuelle. Claude Onesta, directeur de l’ANS, sera également convié ainsi que Yann Cucherat, manager de la préparation des JO. Un rendez-vous que le directeur de la haute performance espère productif.

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« Quand on est invité par la ministre, c’est rare qu’on décline. Je ne sais pas comment cela va se passer. J’espère qu’on pourra définir ensemble les axes prioritaires de travail et de perspectives pour l’année 2024 et 2028. On y va pour travailler et envisager des solutions. Il faut regarder devant sur ce qu’on peut mettre en place et ne pas revivre la situation de Budapest. »

Une démission n’est pas à l’ordre du jour

Malgré une discipline dans le creux de la vague, Romain Barras ne compte pas quitter le navire. « Quand j’étais sportif, je faisais du décathlon. J’ai toujours eu une première journée qui n’était pas très bonne et pourtant je finissais quand même le décathlon, parce qu’il faut s’accrocher. C’est avant tout du travail, de la persévérance », explique-t-il.

Sous contrat jusqu’à la fin des Jeux olympiques il n’a reçu aucune garantie de la part du président de la Fédération André Giraud, ni du DTN Patrick Ranvier. « On a une génération qui n’est pas réellement arrivée. On a des jeunes, la génération d’après, qui est en train d’arriver. Elle sera un peu verte mais on essaie de la faire mûrir. »

AS avec les Grandes Gueules du Sport

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