Il a l’accent anglais du Surrey. Mais ne vous y trompez pas, Gaspard Maksud est bien français. Le Lavallois de 29 ans a failli monter sur le podium pour ses premiers Mondiaux de concours complet ce dimanche à Pratoni del Vivaro. Avec Zaragoza, il termine 6e à seulement 9 dixièmes de la troisième place et 1,1 point de la médaille d’argent, alors que le collectif français s’est raté (14e). Rencontre avec cet espoir pour Paris 2024.

Gaspard Maksud, pour vos premiers Mondiaux, quel est le sentiment ? Vous avez joué la médaille jusqu’au dernier moment avec ce sans-faute au saut d’obstacles.

C’est magnifique ! La jument n’a que neuf ans, elle n’a pas beaucoup d’expérience sur ce genre d’épreuve. Pouvoir se donner à 100% et ne pas faire d’erreur sur une telle compétition, il n’y a pas de mot pour décrire cette émotion. On savait qu’en allant sur le saut d’obstacles avec un sans-faute on pouvait mettre la pression sur les autres cavaliers. On a réussi à faire le sans-faute dont on avait besoin. Il y avait de très bons chevaux et de bons cavaliers devant. Quelques-uns ont flanché pour que je passe 6e.

Après votre passage il restait huit cavaliers. Vous avez souhaité que ça tombe ?

J’ai des bons amis cavaliers devant moi. Je ne souhaite de mal à personne. Quand une barre tombe chez les autres, on est content de remonter mais il y a beaucoup de respect entre cavaliers. Sur un championnat où l’équipe ne jouait plus rien, je regardais les barres, on ne va pas se le cacher. Après mon passage, je disais: ‘peu importe le résultat’. Je suis 100% content avec la jument. Qu’elle finisse troisième ou neuvième, c’est pareil. Je ne pouvais pas demander plus à la jument que ce qu’elle a fait cette semaine.

Où sont les points d’amélioration ? Le cross et le saut d’obstacles étaient très bons.

Le dressage ! On est à 1,1 point du deuxième au final. Les écarts sont très serrés à ce niveau-là. Peut-être qu’un autre jour au dressage, la jument aurait été mieux notée. Le fait qu’elle fasse un sans-faute sur les trois épreuves, je vais rentrer très satisfait.

Par contre, l’équipe de France avec Nicolas Touzaint, Astier Nicolas et Cyrielle Lefevre n’a pris que la 14e place…

Ça fait partie du sport. Ça veut dire qu’on s’appuie sur le facteur des animaux. Si on est à 100% et le cheval un peu en deçà, on ne va pas pouvoir gagner. L’inverse est vrai aussi. Malheureusement, cette semaine tous les feux n’étaient pas au vert pour une bonne note par équipe. Je suis sûr que ce n’est que partie remise. Je pense que c’est juste un mauvais jour. L’équipe de France va revenir encore plus fort de ça.

Est-ce que vous pensez aux Jeux olympiques de Paris en 2024 ?

Je ne me prends pas trop la tête. Je prends les concours un par un. On va faire en sorte que la jument récupère bien de cette semaine. La jument a bien mérité ses vacances. On va repartir sur des concours quatre étoiles avant de préparer les Europe 2023 en France.

Vous êtes exilé depuis dix ans en Grande-Bretagne. Sans votre départ outre-Manche, cela n’aurait pas été possible ?

Avec cette jument cela a aidé. La jument a été élevée par ses propriétaire anglais. Ils m’ont fait confiance dès le début, quand elle avait quatre ans. Si je ne m’étais pas exilé je n’aurais jamais rencontré cette jument. Rien n’arrive par hasard. Il y a toujours une raison pour laquelle on rencontre des personnes. J’ai rencontré ces gens, ce cheval. Avoir un tel cheval avec soi dans les écuries, c’est quand même sympa.

Propos recueillis par Morgan Maury

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