La semaine olympique de voile a débuté ce lundi matin à Hyères. Un rendez-vous qui fête sa 54e édition et accueille plus de 900 athlètes de 60 nationalités dans dix spécialités. A 465 jours des Jeux qui se dérouleront à quelques kilomètres sur le plan d’eau de Marseille ce rendez-vous, deuxième étape de la Coupe du monde, fait office de belle répétition et cache des airs de sélection. Coup de projecteur sur la délégation française.

À l’ouest, la presqu’île de Giens. À l’est, le cap Bénat. Au sud, l’archipel des îles d’Hyères. Le décor ressemble à un paysage de vacances. Mais la réalité est ailleurs pour les athlètes arrivés en fin de semaine dernière, afin de participer à la 54e édition de la semaine olympique de voile à Hyères. L’heure est à la compétition. Chez les Français, certains ont eu la déception de ne pas voir leur nom dans la liste sortie la semaine dernière pour le test event de Marseille en juillet.

L’enjeu est donc simple: convaincre un peu plus les sélectionneurs de réserver pour soi une place aux Jeux olympiques qui approchent à grand pas. Pour la France, c’est le travail de Jean-Luc Denéchau, président de la Fédération Française de voile, Philippe Mourniac, directeur de l’équipe de France et Guillaume Chiellino, directeur technique national. Le président de la FFV estime que rien n’est fait pour les Jeux. « Tous ont une chance. On a de nombreux compétiteurs en capacité d’arracher la sélection. Tous sont contents de cette émulation et montent en niveau. »

Bernaz en tête de file

C’est donc une large revue d’effectif qui se prépare pour le collectif bleu blanc rouge à l’exception des planchistes (Iqfoil), absents pour préparer le championnat d’Europe qui se déroulera à partir du 8 mai en Grèce. Il reste donc neuf séries olympiques à scruter à la loupe. En dériveur, anciennement Laser et désormais appelé Ilca 7 chez les hommes et Ilca 6 chez les femmes, le marin de l’année 2022 Jean-Baptiste Bernaz n’a pas trop à s’inquiéter pour sa sélection.

Il fait même partie des favoris pour aller chercher l’or en 2024. Mais avant de participer à ses cinquièmes JO, le Maximois devra faire mieux qu’au dernier championnat d’Europe il y a un mois, où il s’était classé 12e. Chez les femmes, Michon, Barrue et Cervera sont les trois coureuses en balance.

Coups bas dans la « grande famille » du Kite, qui vise l’or

Dans la catégorie Kitefoil, qui fait son entrée dans la compétition olympique, la lutte est extrêmement serrée. Et pour cause: la France possède chez les hommes et les femmes plusieurs compétiteurs capables de rêver de l’or olympique. C’est le cas de Nicolas Parlier, l’un des pionniers du kitefoil en France et triple champion du monde (2017, 2018, 2019), Théo de Ramecourt champion du monde 2021 ou du Hyérois Axel Mazella, dauphin du précédent en 2021 et 3e en 2022.

Même paysage ultra-compétitif chez les femmes avec Alexia Fancelli, 3e des championnats du monde en 2017 et 2018, 2e en 2021 et Lauriane Nolot 2e aux Mondiaux 2022 et première aux championnats d’Europe. Cette densité se vivait bien dans ce groupe jusqu’à l’approche de l’événement.

Selon Théo de Ramecourt les choses ont un peu changé. « C’était le cas jusqu’à l’année dernière mais avec toutes ces épreuves de qualifications, il y a eu des petits coups bas. Je ne pense pas qu’on soit toujours dans cette situation de grande famille et de partage, comme ça a pu l’être pendant des années malheureusement. Il faut se rendre à l’évidence des enjeux qu’il y a derrière. Certains n’hésiteront pas s’ils peuvent jouer avec les règles ou faire des petits coups par derrière pour tirer leur épingle du jeu. Il y a eu des actions qui n’étaient pas dans cette philosophie de la bande de potes qui naviguait ensemble. »

Objectif podiums pour les autres catégories

Si des médailles d’or peuvent tomber en Iqfoil, Kitefoil et Ilca 7, les autres catégories visent plus les podiums. C’est le cas en 49er où l’on retrouve Charline Picon, double médaillée en planche à voile. Sur un nouveau support et associée à Sarah Steyaert, les débuts sont compliqués pour les Rochelaises, qui n’ont pas été sélectionnées pour le test event de Marseille cet été. Le duo Lara Granier-Amélie Riou tient pour le moment la corde dans cette série très ouverte, également chez les hommes.

Enfin, les deux séries mixtes, Nacra 17 et 470, qui fait son apparition aux Jeux Olympiques sous cette forme, laissent encore une grande place pour la sélection avec des automatismes à créer. C’est le cas en 470 du duo très expérimenté Camille Lecointre, en bronze à Rio et Tokyo, associée à Jérémie Mion, champion du monde en 2018 avec Kevin Peponnet. En Nacra 17, c’est la jeunesse qui a pour le moment le vent en poupe avec la Nantaise Lou Berthomieu et le Vannetais Tim Mourniac. Comme les autres, tous les deux savent qu’obtenir leur place pour la medal race de samedi sera une étape de plus vers les Jeux olympiques à quelques kilomètres d’ici.

Les prochains grands rendez-vous avant les Jeux

7 au 16 juillet 2023 : test-event Jeux olympiques – Marseille, France

10 au 20 août 2023 : championnats du monde – Den Hague, Pays-Bas

16 au 24 septembre 2023 : championnats d’Europe – Porsmouth, Grande-Bretagne

Les Français à la semaine olympique de Hyères

HOMMES

ILCA 7 (anciennement Laser) : Bernaz
Kitefoil : de Ramecourt, MazelleGomez, Nocher, Parlier
49er : D’Ortoli-Delpech, Rual-Amoros (absents : Fischer-Péquin)

FEMMES
CIPEA 6 : MichonBarrue, Cervera.

Kitefoil : NolotFancelli, Newland, Kampman.
49er FX : Steyaert-Picon, Granier-RiouLovadina-Dubois.

MIXTE
470 : Lecointre-MionMachetti-Retornaz, Pacaud-De Gennes.
Nacra 17 (catamaran à foils) : Twin-Elder, Mourniac-Berthomieu.

En gras, les athlètes sélectionnés pour le test event de Marseille (7 au 16 juillet), auquel il convient d’ajouter les planchistes (Iqfoil) absents à Hyères : Nicolas Goyard et Lucie Belbeoch.

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