L’ouvreur Marcus Smith a offert la victoire à l’Angleterre face à l’Irlande grâce à un drop à la sirène dans une ambiance incandescente à Twickenham (23-22). Il n’y aura pas de Grand Chelem pour les Irlandais.

L’Angleterre a fait chuter le tenant du titre, l’Irlande, (23-22) lors de l’avant-dernière journée du Tournoi des VI nations, samedi à Twickenham, avec trois essais et un drop de Marcus Smith à la sirène. L’Irlande subit sa première défaite contre l’Angleterre depuis 2020 et se voit priver d’un éventuel deuxième Grand Chelem d’affilée, même si elle est toujours en bonne position pour conserver son titre, dans une semaine en clôture contre l’Écosse à Dublin.

Le stade de l’ouest de Londres a littéralement tremblé quand le demi d’ouverture de 25 ans, forfait pour les trois précédents matches, a glissé le ballon entre les perches après la 80e minute. Les supporters anglais, sevrés de victoire depuis 2020 contre l’Irlande, ne pourraient rêver d’un plus beau scénario à l’issue d’un choc enlevé, renversant et passionnant, où les deux camps se sont rendu coup pour coup.

Ils ont chaviré et fait un boucan de tous les diables, à la mesure de la performance réalisée par leurs héros, puis prolongé la fête dans les travées pendant de longues minutes. Le XV du Trèfle, si impressionnant jusque-là, est lui reparti K-O. Son rêve de deuxième Grand Chelem consécutif, une performance jamais réalisée depuis les Français en 1997 et 1998, s’est envolé face à des Anglais déchaînés. Sa défense si réputée a subi les assauts répétés d’un hôte à l’attaque pourtant moribonde depuis le début du Tournoi.

Smith, entrée payante

Cette fois, le XV de la Rose a piqué très fort, d’entrée, avec un premier essai d’Ollie Lawrence (4e, 5-3), avant de franchir de nouveau l’en-but par deux fois, sous la main légère de George Furbank (47e, 13-17) et de Ben Earls (61e, 18-17). L’Irlande a été comme surprise par la vitesse mise par les Anglais, à rebours du scénario d’anticipation décrit par le sélectionneur Andy Farrell.

« C’est comme regarder l’Irlande jouer avec un maillot blanc », s’est même emballé Matt Dawson, champion du monde 2003 avec l’Angleterre, à l’antenne de la BBC. Avec cette tactique, les Anglais ont réussi à effriter une muraille verte que ni l’Italie (36-0), ni le pays de Galles (31-7 avec un essai de pénalité), n’avaient réussi à franchir, et que les Français avaient un peu abîmés, avec deux essais, sans empêcher une lourde défaite 38-17.

La puissance de feu irlandaise, symbolisée par trois précédentes victoires bonifiées (quatre essais ou plus) dans le Tournoi, a aussi été réduite. Elle a dû se contenter d’un doublé insuffisant de l’ailier James Lowe (44e, 73e). L’euphorie anglaise a failli cependant être douchée par le manque de réussite au pied de George Ford, l’ouvreur choisi par Steve Borthwick durant le Tournoi en l’absence d’Owen Farrell, mis en retrait de l’équipe nationale.

Le sélectionneur a sorti son buteur maladroit à l’heure de jeu pour faire entrer Marcus Smith, celui qui était attendu avec le N.10 dans le dos, mais qui s’est blessé juste avant le début du Tournoi. Après quatre matches, l’Irlande (1re avec 16 points) conserve son destin en main pour conserver son trophée avant d’accueillir l’Écosse (3e, 11 pts), mais l’Angleterre (2e, 12 pts) est revenue dans la course avant de boucler son Tournoi en France samedi prochain.

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