Affectée par des problèmes personnels en arrivant à Nowy Targ puis victime d’un malaise, la Martiniquaise Davina Michel a puisé sa force dans le groupe France pour arracher son billet pour les Jeux olympiques en 75 kilos. Cette agent de la sûreté ferroviaire raconte les tourments et son parcours de vie chaotique jusqu’à cette qualification remplie d’émotions.

Davina Michel, l’émotion semble très grande avec cette qualification…

Je suis tellement contente (elle pleure ndlr). J’ai beaucoup travaillé pour ça. J’ai fait énormément de sacrifices. J’ai fait un malaise au premier jour de la compétition. Je n’arrive pas à y croire. Ca reflète vraiment ma carrière. J’ai des hauts et des bas et j’arrive tout le temps à me relever. Cette qualification signifie tellement pour moi du point de vue personnel, sportif, tout. C’est un rêve. Le tour du tirage au sort j’ai fait un malaise. Je n’allais pas bien au niveau du moral, de la santé, de tout. Le fait d’être qualifié me réconforte de tout. Je suis sur la bonne voie. Je vais ramener une médaille à Paris c’est sûr.

Ca va faire 5 ans que je suis à Paris. J’ai dû tout quitter, ma mère, ma famille, je suis la plus grande. J’ai une petite soeur qui a 14 ans. C’est compliqué d’être loin de sa famille, de se créer un nouveau chez soi. Concilier le travail et la boxe m’a demandé énormément d’organisation. C’a été compliqué de faire concilier les deux. J’ai envie de profiter, d’appeler tous mes proches et leur dire que je l’ai fait.

Depuis deux jours, avez-vous reçu de la force des autres filles déjà qualifiées et du groupe France?

Bien sûr. J’ai eu énormément de soutien de mon équipe, les filles, le staff, Stéphane Cottalorda et Humberto Horta Dominguez, les coaches. Avant le dernier round, Stéphane m’a dit’ je suis avec toi, on va le faire ensemble’. Ca m’a aidé d’une force ! Même Jason mon kiné. Il savait que je n’avais pas trop le moral. Il m’envoyait des messages tous les jours pour me dire à quel point je suis incroyable. Il a été plus qu’un kiné pendant cette compétition. Je n’allais pas bien au début et putain de merde, je l’ai fait !

Vous avez quitté la Martinique pour vous installer à Paris, c’était un sacrifice…

Je suis venue m’installer pour la boxe. J’avais déjà été à l’Insep de 16 à 18 ans. L’élignement avec la famille était trop compliqué, c’était une trop grosse charge mentale. Je suis rentrée à Fort-de-France, j’ai arrêté le sport et j’ai pris 30 kilos. Je suis montée à 102 kilos. Pendant 2 ans j’avais lâché. C’était compliqué pour mes parents de me voir lâcher. Emmanuel Dos Santos, mon entraîneur, est venu pour un gala et m’a dit que je n’avais rien perdu, que j’allais me qualifier pour les JO. Je suis revenue et je suis qualifiée. C’est toute mon histoire, des hauts des bas, des opportunités que j’ai prises au bon moment. Il ne faut jamais abandonner quelque soit les coups que la vie vous réserve. Quand on veut se lever, on se lève. J’avais d’érmes soucis avant, le staff m’a soutenu et j’ai su rebondir. C’est ce qui fait ma force.

Propos recueillis par M.M. à Nowy Targ

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