Tom Laperche, 25 ans, va participer à la prochaine Transat Jacques-Vabre avec François Gabart, qui l’a choisi pour ensuite prendre la barre en solitaire du SVR-Lazartigue.

Et si c’était lui, le nouveau « Petit Prince des océans »? Pour l’instant, ce surnom est toujours celui de François Gabart. Mais à 40 ans, l’heure est venue pour lui de « transmettre ». En annonçant mettre « en pause » sa carrière en solitaire, lors d’une conférence de presse organisée mercredi à Paris, le navigateur charentais a aussi choisi son successeur: Tom Laperche. Ensemble, alors que 15 ans les séparent, ils vont participer à la Transat Jacques-Vabre d’octobre 2023. Mais à terme, c’est bien le jeune héritier qui sera seul à la barre de l’exceptionnel (et polémique) SVR-Lazartigue.

Encore inconnu du grand public, Tom Laperche est déjà un protagoniste de la voile. En septembre dernier, il s’offre son premier titre majeur à l’âge de 25 ans: la Solitaire du Figaro. Il a récemment passé son premier Cap Horn, en participant à The Ocean Race, course autour du monde en équipage.

À la barre dès l’enfance

« J’ai débuté la voile en baie de Quiberon et j’ai toujours navigué sur une multitude de supports différents avec une vraie passion pour la glisse et une volonté de performance », racontait le Trinitain pour le site de son ancienne formation, l’équipe Région Bretagne-CMB. Son apprentissage se passe avec son père Philippe Laperche, qui s’est aligné plusieurs fois au départ de la Solitaire du Figaro, mais aussi avec des grands noms de la discipline comme Laurent Bourgnon et Erwan Le Roux. Il n’était même pas pré-adolescent lorsque Thomas Coville lui prête les commandes de son embarcation lors d’un essai.

« Un peu plus tard, il avait 17 ans et venait d’avoir son Bac, il m’a demandé s’il pouvait prendre notre Hydrofolie, un trimaran de 40 pieds, pour suivre la Transquadra que je courrais avec Jean-François de Prémorel, détaillait Philippe Laperche à Ouest-France. Sa demande étant tellement naturelle que j’ai dit oui. (…) Tom est incroyablement sérieux, réfléchi. Dans tout ce qu’il fait depuis toujours. Posant à chaque fois des questions. Il n’est pas ingénieur en génie mécanique pour rien ».

« Dès le début, ça s’est super bien passé »

Cette jeune carrière, véritablement lancée en 2019, accélère dès 2020. Il remporte la Solo Maitre Coq, course au large prisée des marins en devenir. « Dès le début, ça s’est super bien passé, il y a eu assez vite des résultats et sur l’eau, je voyais que je faisais de bons coups, et surtout, que je prenais du plaisir, j’aimais bien ça », disait-il récemment à Tip & Shaft.

En 2021, il se retrouve pour la première fois avec François Gabart pour faire 2e de la Jacques-Vabre. « Je l’ai vu comme un mentor, se souvient Tom Laperche au micro de RMC Sport. On s’est retrouvés à naviguer sur des petits bateaux lors d’un week-end en 2016-2017. Il m’a toujours dit que les portes de son entreprise étaient ouvertes pour voir ce qu’il faisait sur ses bateaux de course, pour voir le bureau d’études. Je les ai recontactés pour faire mon stage de fin d’études il y a quatre ans. Cela s’était très bien passé ».

Leur bateau, le SVR-Lazartigue, longtemps mis à l’écart en raison d’un litige sur sa conformité, va être remis à l’eau au mois de mai. Ce trimaran de dernière génération a finalement été réintégré à la classe Ultim, celle des géants des mers de 32 mètres de long pour 23 mètres de large.

« J’étais là, à l’origine de ce trimaran, souligne Tom Laperche. Maintenant, je suis content d’avoir la barre et de partir en solitaire ». Car après la Jacques-Vabre à deux, il faudra ensuite prendre le départ de l’Arkea Ultim Challenge, première course autour du monde entre les multicoques géants. Ce sera une première pour lui. Rendez-vous est pris pour janvier 2024, à Brest. « Je rêve de naviguer en multicoque depuis très jeune, savoure-t-il. J’ai des images de Route du Rhum, de ces grands bateaux très aériens, qui vont vite, dans lesquels il y a une adrénaline hyper présente. Il y a des sensations de vitesse incroyables, des notions d’anticipation et d’écoute du bateau. C’est assez fort pour un sportif d’être capable de maîtriser tout ça. J’y ai goûté, je commence à maîtriser et j’ai toujours super envie de faire ça ».

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