L’investissement de Robert Cassone, ancien président de l’OGC Nice en 2002, a viré au cauchemar. Pour financer les travaux d’une villa qu’il construisait à Corbara (Haute-Corse), le fils de Roland Cassone, figure présumée du milieu marseillais, a constitué un faux dossier. Trois ans de prison et une amende de 30 000 euros ont été requis contre lui ce lundi à Marseille pour tentatives d’escroquerie en bande organisée.

Jugé en compagnie d’un faussaire, d’un intermédiaire et d’officieux courtiers en prêts immobiliers, Robert Cassone, 57 ans, avait sollicité cinq établissements bancaires en 2013, pour un crédit de 320 000 euros, afin de financer les travaux de sa villa.

Faux bulletins de salaire et faux avis d’imposition

Le dossier soumis aux banques était monté avec de faux bulletins de salaire et de faux avis d’imposition, laissant penser que Robert Cassone, soi-disant délégué médical, et sa compagne, présentée comme fonctionnaire territoriale, disposaient de 62 000 euros de revenus annuels. Les ressources officielles du couple étaient en fait constituées du seul salaire de 1 800 euros de sa compagne.

À l’audience, Robert Cassone s’est dit « pris dans un engrenage »ayant « suivi comme un idiot les boniments » d’un duo de pseudo-courtiers en prêts immobiliers et assurant n’être « pas au courant du dossier qu’ils ont monté ».

« Il n’est pas à l’initiative de ce faux dossier »a également plaidé son défenseur, Me Jean-André Albertini, qui a réclamé sa relaxe. Une peine de 24 mois de prison, dont douze mois avec sursis, et une amende de 30 000 euros ont été sollicitées contre sa compagne, « qui a eu, selon la procureure, un rôle moteur dans la recherche d’un prêt immobilier à tout prix ».

Plusieurs projets avec des membres du grand banditisme

Une peine de deux ans de prison et une amende de 30 000 euros ont été requises contre l’un des deux courtiers clandestins, qui a reconnu avoir monté le faux dossier de prêt avec des documents fournis par un faussaire chez lequel a été retrouvée la trace de 350 autres dossiers falsifiés.

Robert Cassone et sa compagne étaient également jugés pour non-justification de ressources, leurs dépenses ayant été évaluées entre 4 000 et 12 000 euros par mois. Robert Cassone a évoqué des revenus tirés d’une sous-location et a aussi expliqué avoir bénéficié en 2008 d’un versement non déclaré de 600 000 euros sur un compte en Suisse.

Le tribunal a évoqué les projets de M. Cassone avec plusieurs membres du banditisme : gérance d’une discothèque à Cannes, reprise d’un établissement proche des Champs-Élysées, mais aussi investissement dans un casino en Roumanie avec Frank Colin, l’un des principaux acteurs du dossier Air Cocaïne, célèbre affaire d’importation par avion privé de centaines de kilos de drogue depuis les Caraïbes.

Le jugement a été mis en délibéré au 25 mars.

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